UN MÉTIER À RESPONSABILITÉ

Un an après, Pierre Velleyen se voit proposer un stage comme chauffeur de locomotive. Sans hésiter, il accepte de relever le défi et saisit sa chance. Son formateur se nomme Monsieur Michel Pausé. Deux mois de stage très difficiles selon le futur conducteur qui ne ménage pas ses efforts et qui rêve de passer aux commandes d’une grande locomotive. Il réussira avec succès sa formation. À 17 ans, le voici conducteur de locomotive, un rêve devenu réalité. « Je ne pouvais pas laisser passer une telle occasion. C’était pour moi une grande fierté de pouvoir conduire une locomotive. Ce métier demandait beaucoup de confiance en soi, de maîtrise, d’assurance. Il fallait connaître tous les accessoires sur le bout des doigts. Il y avait plein de manettes. Par exemple, le souffleur servait à propulser la flamme, à allumer le charbon que je prenais soin de bien étaler. Il y avait aussi le sablier qui servait à étaler du sable sur les rails en cas de fortes pluies pour ne pas que ça patine. Pour une voiture, on parle d’accélérateur mais pour une locomotive on emploie le mot « régulateur ». En tant que conducteur de locomotive, j’étais responsable de mon matériel, je faisais tout moi-même et j’avais à mes côtés un mécanicien qui ne plaisantait pas, qui regardait si je ne faisais pas de bêtises. Le mécanicien me prévenait pour « changement de division » c’est-à-dire pour faire marche arrière et marche avant. Le chef de gare donnait le départ par deux coups de cloche et je lui répondais par un coup de sifflet. Je lâchais le frein et c’était parti pour une vitesse entre 70 à 90 km/h ».